Actus - 24th janvier 2018
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Courir pour s’évader : l’histoire de Dame Dibaba

Dame
L’une des opportunités de cette newsletter est de pouvoir partager des histoires de vie de parkrunneurs comme vous et moi qui ont de parcours atypiques, incroyables et/ou touchant mais qui au final sont liés à nous par leur passion pour ce concept si simple mais si inclusif qu’est parkrun : un petit footing pour tous, gratuit, tous les samedis matin.

 

Voici donc l’histoire de Dame.

 

Je m’appelle Dame Dibaba et je suis réfugié de la région d’Oromia en Éthiopie. J’ai couru le temps le plus rapide de Beckenham Place parkrun à Londres (15 min 58), mais à parkrun, c’est pour le plaisir que je cours. Ce n’est pas comme la course que j’ai faite pour échapper à la prison dans mon pays d’origine et voyager seul au Royaume-Uni.

 

J’appartiens au peuple Oromo. Nous sommes le groupe ethnique le plus important en Ethiopie, avec environ 27 millions de personnes, et nous parlons notre propre langue qui est connue sous le nom d’Oromifa. Malgré notre nombre important, la vie n’est pas facile pour nous et beaucoup sont ceux qui sont impliqués dans des manifestations contre le gouvernement. Certains sont mis en prison et parfois des gens sont tués.

 

En 2014, j’ai été accusé de disséminer de la propagande pour la libération des Oromos et emprisonné pendant six semaines. J’ai été autorisé à rentrer chez moi, mais ensuite j’ai été intimidé, arrêté et emprisonné à nouveau. Pendant ce temps, j’ai été battu, j’ai perdu mes dents et j’ai subi des blessures au bras. Un jour, alors que je travaillais sous garde armée dans les champs de maïs entourant la prison, je me suis enfui en courant.

 

Une fois échappé, je me suis frayé un chemin à travers l’Afrique vers la Libye et je suis passé clandestinement de l’autre côté de la Méditerranée en Italie. La traversée en mer a pris 19 heures et les conditions étaient terribles. Il n’y avait pas d’air frais au fond du bateau, tout le monde était malade, mais je n’avais pas d’autre choix. Finalement, je me suis rendu jusqu’au camp de réfugiés de la Jungle de Calais et je me suis caché sous un camion pour me rendre au Royaume-Uni. Grâce à une famille très aimable, je vis maintenant à Londres tandis que le Home Office décide de mon avenir.

 

Je suis très chanceux d’avoir des gens généreux avec qui vivre et qui m’aident, mais comme je ne peux pas travailler, j’ai découvert que je ne me fatiguais pas et que je ne dormais pas, et c’était un problème pour moi. Donc la famille avec qui je vis m’a demandé si je voulais courir pour m’aider à dormir. J’ai dit oui, alors ils m’ont inscrit à parkrun, ont imprimé mon code-barres et je suis allé à Beckenham Place parkrun.

 

La première fois que j’y suis allé je me suis perdu! J’ai couru depuis la maison et j’avais beaucoup de temps, mais quand je suis arrivé là où je pensais que le parcours était, il n’y avait personne. Finalement, j’ai demandé à des gens qui avaient garé leur voiture s’ils savaient où parkrun était et ils m’ont aidé. Je cours maintenant au parkrun de Beckenham Place et parfois au parkrun de Hilly Fields.

 

J’apprécie parkrun parce que j’aime courir avec d’autres personnes, et je suis toujours heureux quand je cours. Il y a beaucoup de gens (petits, grands, jeunes, vieux) et tout le monde court pour s’amuser et être en bonne santé. J’ai également découvert que je suis un coureur rapide, et les gens de parkrun m’ont présenté à Kent AC (NDLR : un club d’athlétisme local). C’est génial de faire partie de ce club – parkrun et l’entraînement et la course me donnent une routine dans ma vie. Pour moi, il semble que courir sera un moyen de m’évader.

 

J’étais très seul, mais maintenant j’ai beaucoup d’amis grâce à parkrun et à mon club d’athlétisme. J’ai maintenant une grande famille. Ma situation est mauvaise, mais au moins j’ai mes amis.

 

Dame Dibaba

 

Interview réalisée par Glen Turner à parkrun et Ronnie Haydon du Guardian. L’article complet de Ronnie peut être trouvé ici.

 

Photo de couverture de Richard Hall

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